Quelles évolutions pour les ERP en 2012 ?
11/01/2012 à 10:37

Janvier : l’heure est aux bonnes résolutions, mais aussi, après les bilans de fin d’année, à la réflexion et à la projection dans l’avenir. Panorama Consulting Services, cabinet de conseil américain spécialisé dans les ERP, excelle dans cet exercice. Voici ses conclusions ; mais, comme toujours, il faut les mettre en perspective, compte tenu du vernis très américain de ces réflexions.

Toutefois, les projets consistant à « tout faire soi-même » devraient voir leur nombre diminuer, en raison justement des conséquences des comportements évoqués ci-dessus : « les DSI et les directeurs financiers s’étant brûlé les ailes, ils sont devenus suffisamment méfiants et avisés pour éviter cette approche lorsqu’il s’agit de transformer leur activité par l’intermédiaire d’un nouvel ERP. Ces entreprises auront bien plus souvent recours à des consultants et à des experts qu’elles ne l’ont fait ces dernières années.

Elles comprennent désormais qu’en faisant appel à une société de conseil spécialisée, qui dispose d’expérience et de méthodes de choix, d’implémentation et de gestion des changements organisationnels, elles parviendront plus rapidement et pour moins cher à de meilleurs résultats, alors qu’elles ne pourraient y arriver en interne. ». Si Eric Kimberling prêche ici à l’évidence pour sa propre paroisse, son assertion n’en demeure pas moins digne d’intérêt.

Des évolutions fonctionnelles et techniques

Les ERP en SaaS vont continuer à grignoter des parts de marché. Depuis plusieurs années, les éditeurs du cloud comme Salesforce, Plex Systems, Netsuite, Kinaxis ou Workday braconnent gentiment sur les terres des acteurs traditionnels de l’ERP. En 2012, ils devraient asseoir leur position, notamment auprès des PME. Qui plus est, les éditeurs ci-dessus proposent souvent une approche de type « best-of-breed », qui permet aux entreprises de déployer des technologies centrées sur quelques fonctions bien spécifiques de leur organisation, comme le CRM, la supply chain ou les ressources humaines.

L’aversion que développent les entreprises pour la prise de risques renforce encore la tendance : en matière de logiciels, elles préfèrent désormais tenir plutôt que courir.

La convergence du CRM et des media sociaux se confirme : voilà des années que les analystes en parlent et que les développeurs s’y emploient. Mais 2012 verra enfin l’émergence d’une intégration significative entre le volet « entreprise » du CRM et son volet « social », concrétisé par Twitter, Facebook et autres LinkedIn. La gestion d’entreprise et les technologies « sociales » vont finalement converger de manière pertinente, c’est-à-dire en permettant aux organisations de mieux gérer en interne les relations avec leurs clients, parallèlement avec des fonctions externes et moins structurées dédiées aux media sociaux.

Remettre les ERP en phase

De nombreuses choses ont changé ces dernières années : l’économie s’est un peu ressourcée et s’est modérément relevée pendant que les entreprises s’adaptaient. Et alors que les clients en voulaient toujours plus, les fusions/acquisitions se sont poursuivies. Mais nombreuses sont les entreprises qui n’ont pas investi de manière proactive dans leur ERP. Ces organisations se retrouvent aujourd’hui avec des systèmes en déphasage avec leurs besoins de gestion actuels. En toute logique, elles souhaitent aujourd’hui remettre leur ERP en phase avec leur réalité opérationnelle. Pour cela, elles disposent de deux possibilités : investir dans un nouveau système ou tenter de mettre à niveau leur système existant.

À quelque chose malheur est bon : les entreprises tirent les leçons des erreurs des autres, c’est-à-dire des errements décrits ci-dessus et réalisent qu’il ne faut pas bâcler le processus d’évaluation et de choix d’un ERP. Trop souvent, les échecs, qui peuvent conduire à des situations conflictuelles avec l’éditeur ou le prestataire, sont liés au choix d’une solution logicielle inappropriée, en décalage avec les besoins fonctionnels réels. Les entreprises montrent de fait une plus grande propension à modéliser leurs processus métier avant le choix d’une solution plutôt qu’après.

Panorama Consulting Services enregistre un accroissement du nombre d’entreprises faisant appel à ses services pour réaliser une modélisation poussée au cours du processus de choix de la solution. « Cette démarche reflète bien la volonté des DSI et des directeurs financiers de limiter les risques », estime Eric Kimberling.

Côté intégrateurs

D’après Panorama, les intégrateurs trop orientés vers la technologie vont avoir du mal à s’imposer. L’approche traditionnelle, qui fait la part belle à la technologie n’est clairement plus de mise, alors qu’elle est toujours en vogue chez de nombreux intégrateurs, partenaires et revendeurs. En s’investissant trop sur le logiciel, ses fonctionnalités et ses possibilités, on néglige forcément les éléments essentiels, comme la conception des processus de gestion, la gestion du changement ou encore une gestion efficace du projet. « Tous les procès dans lesquels nous intervenons en tant qu’expert sont liés à une implémentation trop technique, sans préoccupations du métier », note Eric Kimberling.

Les intégrateurs auront le choix soit de développer en interne les compétences correspondantes qu’habituellement ils ne possèdent pas, soit de nouer des partenariats avec des acteurs disposant de ces compétences.

En conclusion, si 2011 a été une année passionnante pour la sphère ERP, 2012 promet d’être encore plus mouvementée. Quant à la technologie in-memory, qui devrait apparaître en 2012 dans certains ERP, on note que Panorama ne la mentionne pas encore. Il faudra sans doute attendre 2013 pour cela.

Source : Erp info / Benoît Herr

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