Tresorerie : le protocole bancaire de 100.000 entreprises doit changer
01/09/2009 à 10:44

A partir de novembre, les banques françaises devront être en mesure de proposer de nouveaux systèmes de communication avec les entreprises pour la gestion de leur trésorerie. Le CFONB propose trois solutions dont Swift et Ebics .

Le compte à rebours a commencé. Entre 80.000 et 100.000 entreprises françaises qui utilisent le protocole de communication bancaire Etebac devront commencer à changer leur système de virement, placement et gestion de trésorerie à partir de novembre. France Télécom, qui fournissait depuis trente-trois ans le réseau X25 permettant l’utilisation de ce protocole historique, va arrêter sa commercialisation en 2010 et sa maintenance en 2011. L’arrivée du virement Sepa rend en outre obsolète l’utilisation de certains formats de communication. « Le chantier va être énorme. Concrètement, ce sont près de 200 clients par jour à migrer pour les banques et les éditeurs, qui n’ont pas forcément les équipes pour s’y attaquer. Les clients risquent de ne plus récupérer leurs relevés de comptes et la trace de leur gestion de trésorerie », prévient ­Elisabeth Vendeville, directrice associée de Tresam Conseil.

Trois options

Pour trouver une solution, près de deux ans de travaux auront été nécessaires au Comité français d’organisation et de normalisation bancaires (CFONB), en charge de résoudre les questions de normes techniques bancaires, pour préconiser en novembre 2008 trois ­options. Deux qui existent déjà : le protocole Internet sécurisé (IP) et la solution Swiftnet dédiée aux multinationales. Et une qui constitue la norme bancaire en Allemagne depuis janvier 2008 : Ebics. Les banques devront donc être en mesure à partir de novembre de fournir ces trois solutions.

C’est la mise en place d’Ebics qui pose aujourd’hui le plus de problème. « Nous avons entamé un projet de remplacement de notre plate-forme de communication avec les entreprises il y a trois ans. L’objectif était d’y ajouter le protocole Ebics que nous n’utilisions pas avant », explique ainsi Philippe Blanchet, responsable de gamme cash management à la Société Générale. Même son de cloche chez BNP Paribas : « Nous nous sommes mis en mode industriel pour migrer tous nos back-­offices. En interne, ce projet touche plusieurs couches de notre activité : les “ product managers ” qui s’occupent des canaux de transmission, les équipes informatiques et aussi les commerciaux et le marketing »,explique Stéphane de La Fouchardière, responsable connectivité business Swift chez BNP Paribas. La France et l’Allemagne sont d’ailleurs convenues de créer une société commune pour la détention et l’élaboration des spécifications Ebics (voir ci-dessous).

En attendant, les banques ont mis en place des tests grandeur nature avec leurs clients. « Nous avons réalisé un premier test en juin avec une plate-forme client. Ces tests vont continuer tout l’été et nous serons prêts pour commencer la migration en novembre », assure Philippe Blanchet. Pour le CFONB, ce sera à chaque banque de gérer sa propre phase pilote. « Nous devons avoir fait basculer nos clients d’ici à fin 2010-2011 »,explique Bernard Gouraud, directeur technologies de BPCE (Banque Populaire Caisse d’Epargne).

Une opportunité

Cette dernière est une des rares banques à détenir une société qui édite elle-même des logiciels de trésorerie (Turbo SA) et qui devra, à l’image des autres éditeurs comme Sage ou SAP, adapter ses solutions aux préconisations du CFONB. « Le travail le plus important sera finalement la formation de l’ensemble des technico-commerciaux de toutes nos enseignes afin qu’ils informent au mieux les entreprises, prévoit Bernard Gouraud. Mais il n’y aura pas de tsunami pour ces dernières. Il s’agira surtout pour elles de transformer cette obligation en opportunité : celle de baisser leurs coûts de communication et d’échanger des documents plus longs et plus sécurisés avec leurs banques. »

Cette idée de recherche d’opportunité, les banques l’ont aussi en tête. « Bien sûr, la migration a un coût pour nous. Mais ça nous rapportera aussi si on a l’intelligence d’apporter de la valeur ajoutée dans de nouveaux services comme fournir les outils complets de connexion, par exemple »,conclut Stéphane de La Fouchardière. BNP Paribas a d’ailleurs sorti la « cash-management box », un outil de connexion tout en un pour la gestion de trésorerie d’une entreprise. La migration des systèmes de communication est loin au final d’être un projet aussi coûteux que Bâle 2 ou la mise en place du Sepa. Certains évoquent le chiffre de « quelques dizaines de millions d’euros ».Mais le sujet reste tabou.

REJANE REIBAUD, Les Echos
http://www.lesechos.fr/info/finance/020118828455-tresorerie—le-protocole-bancaire-de-100-000-entreprises-doit-changer.htm

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